FIFA
jeudi 09 juillet 2026, 03:00

« Nous ne sommes influencés par personne », Pierluigi Collina, directeur de la sous-division de l’Arbitrage de la FIFA

Entretien avec Pierluigi Collina, directeur de la sous-division Arbitrage de la FIFA

Le stade des huitièmes de finale étant désormais achevé, nous en sommes à 96 matches disputés dans cette Coupe du Monde de la FIFA 2026™. Pierluigi Collina, quel est votre sentiment sur la compétition jusque-là ?

Tout d’abord, j’aimerais rappeler que nous avons déjà joué 50% de rencontres de plus par rapport à l’édition précédente au Qatar. Et il reste encore huit matches, avec un enjeu toujours plus important.

Donc, dans l’ensemble, nous sommes très satisfaits. Néanmoins, avec autant de rencontres disputées sur une période si condensée, il est normal que tout ne se passe pas exactement comme prévu. Mais lorsque cela se produit, les arbitres travaillent encore plus dur pour être fin prêts pour l’échéance suivante.

Bien sûr, on n’empêchera jamais les gens d’avoir leur avis sur certaines décisions. Tant que cela reste constructif, ça fait partie du football. En revanche, les accusations infondées n’auront jamais leur place dans notre sport. L’intégrité des arbitres sélectionnés pour la Coupe du Monde de la FIFA est indiscutable. Or, de telles accusations peuvent avoir des répercussions terribles, allant jusqu’à des menaces à l'encontre des arbitres ou de leur famille. C’est inacceptable.

De même, personne ne peut affirmer que la sous-division Arbitrage soit influencée par quiconque, pas même le Président de la FIFA. Il a toujours montré son soutien à la « Team One » [équipe des arbitres sélectionnés pour la compétition] et nous accorde une confiance totale pour travailler en parfaite indépendance. Sur le terrain, les arbitres prennent leurs décisions avec la plus grande honnêteté possible et, tout comme les joueurs et les entraîneurs, ils essaient toujours de faire de leur mieux.

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Y a-t-il des axes sur lesquels vous vous penchez plus particulièrement ?

D’ordinaire, pendant la compétition, nous préférons ne pas nous attarder sur des cas isolés. Cependant, de la même manière que nous avons récemment précisé ce que les arbitres surveillent lorsque des joueurs en attaque tentent de gêner le gardien adverse et de l’empêcher de défendre son but, j’aimerais apporter une clarification sur un autre point de règlement qui a suscité certains débats ces derniers jours.

Après chaque but inscrit, l'arbitre assistant vidéo vérifie l’intégralité de la phase offensive qui a précédé. Si une faute est commise durant la construction de l’action et qu’elle est susceptible d’avoir une incidence sur le but, l'arbitre vidéo recommande une analyse au bord du terrain. La règle ne précise pas de distance par rapport au but ni de durée limite entre l’endroit ou le moment de la faute et le but.

Il y a eu une situation de ce genre lors du match entre l’Argentine et l’Égypte mardi dernier. Au début d’une action qui mène à un but de l'Égypte, le numéro 19 égyptien, Marwan Attia, marche clairement sur le pied du numéro 6 argentin, Lisandro Martínez.

Or, une faute reste une faute. Peu importe qu'elle semble « évidente » ou non : si l’arbitre central ne l’a pas vue pendant le jeu, l'assistance vidéo est en droit d’intervenir. 

De la même manière, si aucune faute n’est repérée au cours de l’action qui mène à un but, l'assistance vidéo en avise l’arbitre en conséquence. Au football, marcher sur le pied d’un adversaire constitue une faute, à moins que le défenseur ne touche le ballon en premier puis initie ensuite un contact faisant partie du jeu. Nous avons eu un autre exemple similaire à la fin de ce même match. Cette fois-ci, l’arbitre et l'assistant vidéo ont jugé que le contact entre le numéro 10 égyptien, Mohamed Salah, et le numéro 9 argentin, Julián Alvarez, faisait partie du jeu.

Bien sûr, il y a toujours un élément de subjectivité dans la prise de décision. Mais dans l’ensemble, nous sommes satisfaits de la façon dont cette règle a été appliquée depuis le début de la compétition.